Fernand Leduc et ses microchromies
mars 26, 2007
“Ce n’est pas parce que ma peinture est non figurative qu’elle est coupée du monde où je vis.“
René Viau, critique en arts visuels, signe dans Le Devoir de ce matin un hommage au peintre Fernand Leduc. Leduc est cosignataire, avec les Automatistes réunis autour de Borduas, du manifeste Refus global publié en 1948. En 1956, il fonde l’éphémère mais féconde Association des artistes non figuratifs de Montréal. Succédant à Ferron, Molinari et Pellan, il reçoit en 1988 le prix Paul-Émile-Borduas, et, plus récemment, le Prix du Gouverneur général en arts visuels.
Il y a une dizaine d’années j’avais visité, dans le cadre d’un cours en histoire de l’art, l’exposition Microchromies au Musée du Québec, qui regroupait des œuvres de Leduc peintes au début des années 90. Une fascinante et intense recherche d’épuration.
Même si l’exposition s’inscrivait dans la continuité du travail formel de Leduc, c’est-à-dire en insistant sur les couleurs et la lumière, son trait de pinceau, habituellement habité par la gestualité propre à la tradition automatiste, laissait place à des nuances minimalistes quasi monochromatiques.
Constituée de rectangles saturés de subtiles nuances de couleurs, l’exposition se divisait en quatre ou cinq sections ayant comme thèmes la naissance et les cycles de la vie. D’inoubliables tableaux suggérants un état contemplatif afin de bien en saisir l’essence.