Si Lester était encore vivant…
mars 23, 2007
“The Stooges are possibly the ultimate rock ‘n’ roll story, because rock is mainly about beginnings, about youth and uncertainty and growing through and out of them. And asserting yourself way before you know what the fuck you’re doing. Which answers the question of what the early Stooges’ adolescent mopings had to do with rock ‘n’ roll. Rock is basically an adolescent music, reflecting the rhythms, concerns and aspirations of a very specialized age group. It can’t grow up – when it does, it turns into something else which may be just as valid but is still very different from the original. Personally I believe that real rock ‘n’ roll maybe on the way out, just like adolescence as a relatively innocent transitional period is on the way out.“
C’est ce qu’écrivait l’iconoclaste et psychotique Lester Bangs dans son épique compte-rendu du Funhouse des Stooges, publié dans l’édition de janvier 1971 du magazine Creem.
Funhouse, album vertigineux et farouche , est un monument du rock érigé tel un éblouissant sépulcre au cœur de la luxuriante jungle de l’entropie.
Lester Bangs n’acceptait aucun compromis. 35 ans après leur avoir rendu une homérique révérence dans Creem, je me demande comment il aurait réagi en apprenant que les Stooges sortent un quatrième album, intitulé The Weirdness, 33 ans après leur dernier disque, Raw Power. Le Hunter S. Thompson du journalisme rock s’était donné comme mission de dénoncer les faussaires du rock et de lutter inlassablement contre le sérieux de l’industrie. Dommage que son enthousiaste et subversive plume ne sévisse plus pour condamner sans appel cette pâle caricature d’eux-mêmes que sont devenus Iggy Pop et ses caducs complices des Stooges.
Pourtant, l’inventeur du stage dive avait signé un album plutôt solide en 1999. Avenue B mettait en scène un Iggy introspectif, tempéré et sensible.
D’emblée, j’étais sceptique à l’idée d’écouter The Weirdness. Après tout, Iggy aura 60 ans dans un mois et les frères Asheton ont la cinquantaine bien entamée. Mais l’apport du bassiste Mike Watt (fIREHOSE, Minutemen) et de Steve Albini, le génial réalisateur du Goat de Jesus Lizard et d’In Utero de Nirvana, attisa ma curiosité.
Malgré ces “conditions gagnantes”, j’ai eu la désagréable impression, à mesure que les pièces succédaient dans mes écouteurs, d’assister impuissamment à une rampante et désespéré tentative de récupération. Un illusoire et perfide simulacre d’énergie punk, tombant en pathétique disgrâce à mesure que l’inéluctable impertinence de cet interminable album devenait flagrante.
Une incongruité pantouflarde et anachronique.
Manifestement, Iggy devrait rester sur l’avenue B.