Heart of Darkness
mars 21, 2007
Après avoir visionné Apocalypse Now, il est difficile de ne pas se sentir habité par cette magnétique et hypnotisante réplique. Un mantra répété avec fatalisme et résignation par le Colonel Kurtz lors de la dernière étape de la mission du Capitaine Willard.
Si j’aborde ce film c’est que je viens de terminer la lecture de Heart of Darkness, le texte qui a inspiré le scénario de John Milius (Hunt for Red October, Red Dawn). La nouvelle a été écrite par le romancier britannique Joseph Conrad et publiée en trois parties en 1899. Sans coller directement au récit de Conrad, le film de Coppola en reprend les principaux thèmes: l’impérialisme, la quête obsessionnelle et la déshumanisation.
Heart of Darkness met en scène un voyage initiatique à bord d’un bateau à vapeur sillonnant le fleuve Congo. Alors qu’il est à l’emploi d’une compagnie de transport d’ivoire, Marlow, le narrateur, développe un intérêt de plus en plus soutenu pour Kurtz, un charismatique collecteur d’ivoire exerçant une étrange influence sur les tribus indigènes environnantes. Confrontant idéalisme missionnaire et exploitation coloniale, Conrad explore la pernicieuse tentation du primitivisme.
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Avant d’entreprendre la réalisation de Citizen Kane, Orson Welles projetait, dans un premier temps, d’entreprendre l’adaptation cinématographique de Heart of Darkness. Il avait même commencé les répétitions et commandé les maquettes. Roszak en parle dans La Conspiration. On peut aussi remarquer une référence à cette histoire dans Apocalypse: alors que Conrad décrit un Kurtz filiforme et squelettique, Coppola le dépeint obèse et chauve. Une référence au Charles Foster Kane vieillissant et désillusionné ?
Le récit de Conrad semble aussi être en background d’Aguirre, der Zorn Gottes (Aguirre, la colère de Dieu), un film d’Herzog tourné en 1972.
